Hello !

Après de grandes hésitations, je décide finalement de vous parler de mon premier marathon. Je l'ai beaucoup mentionné dans mes précédents articles, et je me dis que ça ne serai pas "correct" de ne pas vous raconter comment ça s'est finalement passé.

Autant vous le dire de suite, et ne pas faire durer le suspens : je ne l'ai pas fini...

Mais voici un peu plus de détail : j'ai donc couru mon premier marathon le dimanche 9 avril, c'était le marathon de Paris. L'objectif que je m'étais fixé était de courir le marathon à une vitesse moyenne de 9km/h et quoiqu'il arrive de le finir en 5 heures maximum.

Je ne sais pas si vous vous en souvenez mais ce jour-là, il a fait chaud, TRES CHAUD... Beaucoup plus chaud que ce que la météo annonçait et dès le départ j'ai senti que j'étais un peu trop habillée...

Avant même le 5e km, j'étais déjà assoiffée... Nous avons couru sous un soleil de plomb sans aucune interruption : le parcours n'était jamais ombragé, même dans le bois de Vincennes, où il fallait se mettre tout au bord de la route pour avoir un peu d'ombre. J'ai énormément souffert de la chaleur et du soleil qui tapait en non-stop sur la tête... C'était très dur. Je peux même dire qu'en fait je ne me suis sentie à l'aise à aucun moment pendant cette course, j'avais sans arrêt soif, ou trop chaud, je me sentais assommée. J'avais l'impression d'être à côté de mes pompes. Du coup, arrivée au semi, je me sentais déjà épuisée, j'avais très envie de marcher pour me reposer, mais heureusement une copine m'attendait au 24e pour courir quelques km avec moi. Ca m'a vraiment bien aidé à tenir. On a couru à une allure plutot tranquille et en papotant pendant 4km, puis elle m'a laché au 28e, et là, la partie vraiment difficile a commencé...

Mon allure a commencé à ralentir, j'avais beaucoup de mal à garder une allure régulière, je devais sans arrêt regarder ma montre pour ne pas trop ralentir. Autour de moi, pleins de gens marchaient. Ils me génaient beaucoup, m'obligeant à zigzaguer sans arrêt. Je sentais que je commençait à flancher, je n'arrêtais de m'encourager mentalement, de me dire que j'allais bien, que j'allais y arriver, mais mes jambes étaient de plus en plus lourdes, j'avais l'impression de courir au ralenti.

Malgré tout, j'arrive au 30e et là, on s'est pris une série de côtes, oui oui des côtes en plein Paris !! Avec 30 bornes dans les pattes, c'était juste horrible ! J'ai vraiment ralenti, j'arrivais à peine à maintenir une allure de 8km/h (alors que je devais être à 9km/h pour tenir mes objectifs), je me sentais au bout du rouleau, mais je n'arrétais pas de me répéter qu'il fallait au moins que j'atteigne le 35e et qu'après ça serait la fin... J'ai commencé à me sentir un peu bizarre, je n'arrivais plus à boire, ni à manger. Je voyais les voitures du SAMU qui défilaient, les gens tombaient comme des mouches autour de moi... Ce n'était pas très rassurant, mais je continue à m'accrocher malgré mon allure d'escargot asthmatique...

Mais arrivée à Auteuil, au niveau du 33e km, on est tombé sur une côte de malade, hyper raide qui montait vers le Bois de Boulogne et là, ça a été la goutte d'eau qui fait déborder le vase : je me suis mise à marcher... Et une fois que j'ai commencé à marcher, j'ai réalisé que je ne parviendrai plus à courir. Je me sentais vraiment mal, au bord du malaise, j'avais envie de vomir. Un mec était en train vomir au pied d'un arbre à quelques mètres, et j'ai pensé que je ne voulais pas être la prochaine à avoir besoin du SAMU et qu'il valait mieux que je m'arrête tant que j'étais en état de marcher. Et là, j'ai tourné la tête, j'ai vu une station de métro, et je suis sortie du parcours, comme ça, ni vue ni connue. Je suis rentrée dans la fraicheur de la station de métro et je me suis sentie revivre. Et voilà, c'était fini !

Sur le coup, j'ai ressenti un soulagement intense, j'étais vraiment TRES soulagée d'avoir arrêté de courir. J'avais les pieds en feu, les jambes super lourdes, mais mon malaise était passé, je me sentais beaucoup mieux. J'avais l'estomac en vrac et j'ai eu du mal à manger pendant 2 ou 3 jours, mais ça allait. Par contre, le lendemain, la déception et les regrets sont arrivés...  Je n'arrêtais pas de me dire : 5 mois d'entrainement pour finalement s'arrêter à quelques kilomètres de la fin... Je suis bien consciente que dans mon état je n'aurais pas pu finir, mais malgré tout, j'étais horriblement déçue et triste, le moral dans les chaussettes. Je vivais pour cet objectif depuis 5 mois et un abandon n'était vraiment pas prévu dans mes plans... J'avais l'impression d'avoir échoué.

Avec le recul, je pense que j'aurais probablement réussi à finir si le temps avait été un peu plus frais, mais surement difficilement. J'aurais peut être meme fini en marchant, en souffrant beaucoup aussi, et en faisant plus que le temps que j'avais prévu mais bon...

En conclusion, je dirai que ça a été une aventure assez dingue où je me suis surpassée : j'ai tenu un entrainement intense pendant 5 mois (oui, j'avais besoin d'une bonne remise à niveau!), j'ai couru en hivers, la nuit, sous la pluie par 3 degrés pendant des semaines sans flancher, j'ai enchainé les sorties longues de plus de 2 heures le dimanche, j'ai sacrifié mes vendredis soirs pour aller courir plutôt que de sortir... Bref, je me suis vraiment donné à fond, je ne me suis pas découragé même si ça a été dur, et je suis restée déterminée jusqu'au jour J. Et le jour du marathon, même si je n'ai finalement pas fini, j'ai fait mon maximum et j'ai tenu jusqu'au 33e km soit 3H30 de course, un record d'endurance pour moi, et ce malgré des conditions vraiment difficiles.

Mon prochain objectif ? Je vais oublier les marathons pendant quelques temps ! Je pense me concentrer sur des distances plus courtes (20km ou semi-marathon) pour l'instant et travailler sur ma vitesse de base, avec pour objectif de l'améliorer sensiblement....